Olivier Norek, Les guerriers de l’hiver


1939. Staline a signé le Pacte germano-soviétique avec l’Allemagne de Hitler, lui laissant les mains libres pour attaquer l’Europe à l’ouest. Et pour les Russes, c’est l’occasion pour attaquer la Finlande dans le but de se créer une zone de sécurité au-delà de leur frontière septentrionale. L’Union soviétique, la grande, la puissante, héritière dégénérée de la Révolution de 1917, 173 millions d’habitants, se lance à l’assaut des trois millions de Finlandais. Même pas honte !
Mais Staline, dont la brutalité – comme disait Lénine – n’a d’égale que l’arrogance, n’a pas tenu compte du fiasco napoléonien – la fameuse « bérézina ». Comme Hitler, trois ans plus tard, tout aussi brutal et arrogant, se croira au-dessus des enseignements de l’Histoire. On connaît la suite. Et voilà nos moujiks en armes piétinant dans la neige et gelant dans leur tenue d’été, impuissants face à la maigre armée finlandaise opérant en guérilla. Fureur de l’ogre du Kremlin !
Le fil rouge du roman est un fermier nommé Simo, chasseur d’élite, fine gâchette entre toutes. Le petit Simo, un mètre cinquante-deux sous la toise, allégorie de la petite Finlande, devient ce qu’on nommera plus tard un « sniper » d’une redoutable efficacité puisqu’au fil des opérations il tuera 542 soldats ennemis. Au point que les Russes l’appelleront La Mort blanche et trembleront à l’évocation de son seul nom.
Voilà tous les ingrédients pour écrire une belle histoire, et c’est ce que fait Olivier Norek, maniant les techniques apprises dans sa pratique de la littérature policière. On y croit, on adhère, on a envie d’enfiler le maillot des supporters finlandais. Et en prime on découvre cette aventure à la David et Goliath, un épisode totalement occulté de la Seconde Guerre mondiale.
Jean-Paul, 30/12/2024
Olivier Norek, Les guerriers de l’hiver, Michel Lafon, 448 pages