Eduardo Fernando Varela, Pampa


Rentrée littéraire 2026 #02
D’Agatha Christie (Le Crime de l’Orient-Express) à la BD de Jacques Lob (Le Transperceneige) en passant par Michel Butor (La modification), nombre de romans prennent le train pour cadre.
C’est plus de Lob que de Butor que se rapproche Varela, son train roulant infiniment à travers la pampa, cerné par une mer de maïs. Tout autour se ressemble, maïs à l’infini, noms des villages quasiment interchangeables, liens de famille fluctuants. Ne manquait plus que la chute d’une météorite géante, poursuivie par un général aspirant-dictateur et son tankiste hébété dans son habitacle pour faire basculer le récit dans ce réalisme magique tant prisé des auteurs latino-américains.
Le train, métaphore d’une société que chacun se plaira à nommer selon ses propres aspirations, devient devient un formidable pandémonium. Les quatre occupants du départ, le machiniste, son assistant, le contrôleur et son épouse, vont se trouver débordés par une foule de réfugiés montés à bord, fuyant les effets désastreux de la météorite qui roule dans la pampa en détruisant les villages.
Le récit alterne entre les points de vue des différents personnages qui essaient de fournir des destins illusoires aux réfugiés tout en tâchant de forger leur propre avenir. Car en définitive, c’est bien à chacun d’inventer son propre destin !
Un beau roman qui confirme le talent d’un auteur dont on avait pu apprécier Patagonie route 203 en 2020. Une bonne entrée dans la littérature latino contemporaine.
Jean-Paul, 28/08/2026
Eduardo Fernando Varela, Pampa, Métaillé, 336 pages
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