Les Escrivades

Chronique livresque

Agatha Raisin Series 20 Books Collection Set M C Beaton (series 2&3) : M C  Beaton: Amazon.fr: Livres

Ma passion pour les polars, les séries policières plus exactement, m’a toujours rendue un peu honteuse.
Pourquoi ? Comme si ça n’était pas « assez bien » cette littérature « de gare ». Une honte de « déclassée sociale » quoi (je pourrais digresser sur combien la notion de « transfuge de classe », si chère à certains écrivains, me questionne).
Bref, j’ai eu des « périodes ».
Il y a longtemps, la période Fred Vargas, avec l’intuitif Commissaire Adamsberg.
Puis il y a eu aussi la période Camilleri et son gourmet et mélancolique Commissaire Montalbano.
Etc.

J’ai découvert il y a peu, au rayon policier de la bibliothèque municipale, la série « Agatha Raisin enquête ». Oui, l’héroïne porte le prénom d’une écrivaine fascinante Agatha Christie (même si je doute un peu que cette dernière soit favorable à la féminisation de son métier, enfin en même temps, en langue anglaise existe le genre neutre).
Et donc j’avale, je gobe, je me gave jusqu’à plus faim de cette série avec ce personnage féminin décrit en 4ème de couverture comme « l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock ». (Et je pourrais m’interroger sur l’intérêt des 4èmes de couverture comme argumentaires de vente, surtout quand ça n’a pas de lien réel avec le personnage qui n’est pas franchement rock’n’roll).
Bref, le personnage d’Agatha Raisin, créé par M.C. Beaton, est une détective de plus de 50 ans, qui a été auparavant dans la com’ et qui a gravi les échelons sociaux de Birmingham jusqu’à un cottage élégant de la campagne anglaise. Une histoire de « transfuge de classes » ?
Alors, ça n’est pas du roman policier donc mais du roman détective. Et ça serait passionnant d’en faire une thèse sur justement ce que ça raconte d’une société qui laisse à des « privés » le soin de démasquer les meurtriers et qui dépeint les policiers comme (en partie, c’est plus nuancé en vrai) une strate d’abrutis finis et de corrompus.
Mais bref, la série plonge dans la « bonne » société anglaise. Et ça n’a pas une visée politique ou sociologique pour un sou cette série (contrairement à chez Camilleri, par exemple).
Mais bref, au fil des romans qui s’égrènent, la superficialité des personnages, dont cette Agatha Raisin que personnellement je n’aimerais absolument pas fréquentée dans ma vie, cette superficialité donc dévoile tout un fonctionnement en castes. Et les meurtres ont souvent à voir avec « ne pas perdre la face, ne pas déchoir de sa place sociale ou vouloir à tout prix grimper dans la hiérarchie sociale ». Et le corps des femmes est un sacré champ de cette bataille, dans la lutte des castes.
Bref, je lis du roman détective.

{Série Agatha Raisin enquête chez Albin Michel}






Livie Livia