Maylis Adhémar, Bénie soit Sixtine

Chronique livresque

Sur les conseils de la bibliothécaire, j’ai emprunté « Bénie soit Sixtine ».
La bibliothécaire m’a dit que c’était un peu autobiographique, l’histoire d’une femme élevée dans le catholiscisme, que c’était pas mal, écriture simple.
J’étais moyennement convaincue mais j’ai voulu lui faire confiance ou plaisir.
J’avais laissé le livre au bas de la pile et à quelques jours de retard de prêt, j’ai vaguement jeté un oeil et l’ai lu d’un trait.
En vrai, les personnages sont un poil caricaturaux, la démonstration que l’intégrisme est le contraire de l’amour un poil « enfoncer une porte ouverte ».
Alors pourquoi chroniquer ? Pour faire plaisir à ma bibliothécaire ? Ou pour vous dire de vous méfier de ses résumés ?
Parce qu’elle est multi-catholique Sixtine. Dont intégriste radicale au départ et subit la foi comme une croisade.
Et toute cette partie-là est tellement grotesque (milice d’extrême-droite armée, femme pondeuse comme on dit poule pondeuse, manif pour tous en serre-tête marine) que tu te dis que « non c’est pas possible, même à Nantes, qui vit naître et croître le drame Dupont de Ligonnès, on ne peut pas être aussi… »
Être aussi quoi ?
Etre aussi persuadé d’être investi d’une mission divine.
(Ça fait beaucoup d’être et peu de doutes…)
En fait, ce livre, il m’a replongé dans une terreur de jeunesse. Mon passage au lycée. Petit lycée en milieu rural, catholique, qui accueillait les fils des bonnes familles virés de tous les lycées de la proche grande ville. Des gars qui ressemblaient étrangement aux personnages de ce roman : raie sur le côté, pull sur les épaules, sûrs de leur destinée, de leur bon droit et de leur pouvoir.
Et quand tu vois les accointances de nos oligarques avec des mirages catholiques, les mêmes peurs, les mêmes colères de jeunesse m’assaillent. Le mal que ça inflige la croisade pour une croyance. Aux autres, ennemis comme intimes, à soi.

Livie Livia