Les Escrivades

Rentrée littéraire 2026 #05

Que faire quand ton gros dégueulasse de grand-père a abusé de toi dans ton enfance, que personne ne t’écoute lorsque tu en parles autour de toi, que la police, encore moins à l’écoute, n’est pas vraiment une option et que de toute façon tu sais bien que rien ne pourra réparer le traumatisme que tu trimballes avec toi depuis tes dix ans ? Tout bien pesé, il ne te reste qu’une option, faire payer le salaud, en débarrasser la société. Bref, tuer le vieux.

Annoncée dès le titre, la décision n’est pas une surprise, mais l’autrice déroule différents chemins qui vont l’y conduire. Il y a la famille : mère distante, père alcoolique. « À 10 ans, j’avais compris que j’avais perdu, pas assez belle, pas assez mince, pas assez féminine, sors les mains de tes poches, on dirait un gars, arrête de manger, tu finiras seule comme ta grosse tante. Il me restait l’école pour briller. » Les vacances seule chez le grand-père malsain. Et la réflexion de la narratrice, long monologue intérieur émaillant la relation de l’action, les rares dialogues étant totalement intégrés à ce monologue, sans aucune des marques habituelles, guillemets, tirets ou retours à la ligne. On est donc à fond avec elle vers le but ultime annoncé.

Cette narratrice personnage principal dont in ne connaîtra pas le nom, elle ne trouve de soutien qu’auprès de son chien, qui ne voit que l’amour. C’est toujours ça !

Jean-Paul, 4/09/2026

Daria Marx, Tuer le vieux, Flammarion, 160 pages

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