Caroline Hinault, Ce qui se joue

Rentrée littéraire 2026 #28
Ça pourrait aussi s’appeler « tenir parole » ce roman de Caroline Hinault. Mais non, son titre, c’est : Ce qui se joue et c’est bien plus malin comme titre.
Car jubilatoire est ce roman.
Joueuse est l’histoire.
La voici :
Un mystérieux virus, le Fatum, transforme les profs en aphasiques qui n’ont plus ensuite à leur répertoire langagier qu’un singulier « poï ».
Espiègle, l’autrice, elle-même enseignante de littérature, fait se rencontrer sur le terrain, une prof de français épargnée par la maladie et un représentant du ministère de l’éducation nationale, au milieu de 36 élèves de seconde du lycée Aimé Césaire.
Ce qui se joue est un roman construit pour qu’on puisse penser. (Merci Caroline Hinault). Où on rit aussi. À gorge déployée. Où parfois, exactement comme à l’école, on s’ennuie. Et on apprend. Oh, oui, on apprend. Où on passe du texte au sous-texte à l’intertexte, en permanence.
Un vrai roman provincial aussi, à mon sens (et ça n’est pas une insulte, pas même pour les romans parisiens).
Malgré quelques côtés gnangnans, qui font lever les yeux au ciel, façon gênance adolescente, (mais n’est-ce pas volontaire de la part de la facétieuse Caroline Hinault ?), enthousiaste fut ma lecture !
Livre d’une intelligence folle, à l’heure où les lycéens écrivent des pancartes toutes plus stylées les unes que les autres, osez entrer dans la danse que propose Caroline Hinault.
Livie Livia, 28/10/2026
Caroline Hinault, Ce qui se joue, Éditions du Rouergue, 416 pages
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