Marion Brunet, Ne cherche pas le chaos


Rentrée littéraire 2026 #01 bis*
Pablo est un vrai « personnage ». Chilien d’origine, vivant en France, heureux père d’une fille qu’il a nommé Victoria. C’est aussi un taiseux et l’enjeu du livre est la délivrance du passé par la libération de la parole.
L’enjeu étant de savoir quelle parole libère. Celle qu’on pose chez un psy. La poésie des autres qui peut rythmer paradoxalement davantage nos vies que nos mots propres. La parole politique. Les enseignements éducatifs.
Et l’autre enjeu est de savoir à qui on peut la libérer. Nos proches. Des inconnus. Un tortionnaire. À nous-mêmes.
Et comment le faire. Par la force. Par la douceur.
Et quelle langue utiliser pour cela quand on est en exil.
« Notre histoire fut un numéro, le destin fut un numéro, jusqu’à ce que le numéro fût entraîné lui aussi par le vent. Nous fûmes un peu de silence dans la marée des cartes déchirées, dans la prison de tous » Alberto Baeza Flores, poète chilien, citation offerte par les personnages.
« Ne cherche pas le chaos » est un roman qui ne parle jamais théoriquement. Il ouvre pourtant tellement de choses sur nos liens, sur nos terreurs et nos joies politiques, sur ce que peut la création artistique face à réalité de la vie, sur nos corps aussi.
Beau roman d’une immense douceur et d’une réconfortante pudeur.
Livie Livia, 24/10/2026
Marion Brunet, Ne cherche pas le chaos, Albin Michel, 304 pages
Jean-Paul avait livré sa chronique #01 sur ce roman
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